Quatre syndicats lancent un ultimatum à la ministre de la santé et préviennent d’un été de mobilisation dans les Laurentides et Lanaudière 

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Saint-Jérôme, le 15 juin 2026  

À quelques mois des prochaines élections provinciales, le Syndicat des travailleuses et travailleurs des Laurentides en santé et services sociaux–CSN (STTLSSS-CSN), le Syndicat des travailleuses et travailleurs du CISSS de Lanaudière–CSN (STTCISSSL-CSN), l’Alliance du personnel professionnel et technique de la santé et des services sociaux–Laurentides (APTS–Laurentides) et l’Alliance du personnel professionnel et technique de la santé et des services sociaux– Lanaudière (APTS–Lanaudière)ont lancé aujourd’hui un avertissement clair à la ministre de la Santé, Sonia Bélanger. 

Pour éviter que le mandat du gouvernement s’achève sur un échec retentissant, les syndicats ont mis au défi la ministre de prouver qu’elle est capable pour une fois de livrer la marchandise et de sortir de l’inaction. En mode solution, les syndicats proposent quatre mesures concrètes à instaurer dès maintenant pour calmer les crises les plus urgentes. À défaut, le compte à rebours sera lancé pour un été de mobilisations, le personnel et la population ne pouvant se permettre de rester les bras croisés en attendant l’échéance électorale.

Ainsi, les syndicats se sont rassemblés au bureau de la circonscription de Prévost pour inviter la ministre à échanger et l’inciter à agir avant le déclenchement des élections.

Un réseau sous pression, des travailleuses et travailleurs à bout de souffle 

Les syndicats dénoncent une détérioration constante des conditions de travail dans le réseau public, alimentée par des décisions ministérielles qui aggravent la surcharge, l’instabilité et une augmentation des arrêts de travail. 

Que ce soit la confusion entourant la prime d’autogestion des horaires, les réorganisations imposées par Santé Québec, la montée du privé ou le sous-financement chronique des régions, le constat est sans appel : le personnel paie le prix des choix politiques du gouvernement. 

Les organisations syndicales demandent à la ministre de retourner à la table à dessin et d’apporter des correctifs immédiats et concrets. Au bureau de la ministre, les porte-paroles ont pu échanger avec un employé du bureau de circonscription qui se chargera de remettre les revendications.

Des mesures urgentes pour passer l’été 

Dans un contexte où la pression augmente, à l’approche des élections, les syndicats déposent une série de revendications claires et concrètes à mettre en place dès maintenant : 

Autogestion des horaires et primes; Mettre fin au chaos entourant l’autogestion des horaires en procédant à son implantation et au versement de la prime conventionnée et attendue depuis 2 ans. 

Réorganisations de Santé Québec; Décréter un moratoire immédiat sur toute réorganisation de services et de personnel tant que le réseau n’est pas stabilisé. Santé Québec a jeté une douche froide sur le personnel en annonçant une une réorganisation pour centraliser plusieurs services administratifs et cliniques, plongeant dans l’insécurité les travailleuses et les travailleurs de secteurs essentiels, leur engendrant de la détresse psychologique, attaquant leurs droits syndicaux et conventionnés. Cette décision menace d’engendrer un mouvement massif du personnel ciblé, ce qui pourrait paralyser le réseau.

Privatisation et transparence; Briser l’opacité de Santé Québec en publiant, sur une base trimestrielle, les coûts réels du réseau, les sommes transférées au privé et les résultats concrets obtenus, afin que la population québécoise ait accès à une information claire et transparente pour faire des choix démocratiques éclairés, à un moment où les sondages démontrent une grande méfiance face à la privatisation des soins de santé et de services sociaux au Québec.

Austérité, surcharge et crise du réseau; Mettre fin à des décennies de compressions qui ont mené à la situation actuelle en implantant un bouclier budgétaire basé sur les besoins réels de la population et encadré par une instance indépendante, mettre fin au gel d’embauche imposé au personnel administratif et un investissement d’urgence en santé et sécurité du travail pour répondre à la crise d’assurance-salaire. 

« Les travailleuses et les travailleurs ont assez attendu. Depuis l’entrée en vigueur de la convention collective en juin 2024, le paiement de la prime d’autogestion des horaires et son déploiement dans les établissements se font toujours attendre. Ce retard injustifiable démontre, une fois de plus, que le gouvernement de la CAQ ne respecte pas ses engagements envers le personnel du réseau. » dénonce Véronique Jean, vice-présidente du secteur santé du STTLSSS-CSN

« Nos membres veulent rester lié·es à leur région d’appartenance et conserver leurs droits. Or, Santé Québec cache son jeu et joue au poker avec la qualité des services. La détresse psychologique menace tout le monde et on sent déjà un exode massif pour fuir des départements essentiels. On va se dire les vraies affaires : ce que Santé Québec est en train de faire subir au réseau, ce n’est pas une réorganisation, c’est une désorganisation! »  Simon Deschênes, Président du STT du CISSS de Lanaudière CSN.

« Le privé en santé nuit à la qualité des soins et fait exploser les coûts du système et compétitionne avec le public dans sa capacité d’attirer de la main-d’œuvre. Pour régler le problème, il est crucial d’améliorer les conditions de travail du personnel afin que le réseau public soit un employeur de choix, et de nationaliser de manière réfléchie et progressive les parts privées du système de santé » allègue Marie-Ève Meilleur, représentante nationale de l’APTS Laurentides

« Le cycle de l’austérité est un choix politique. Le gouvernement en place nous en a fait une démonstration claire: après l’annonce d’un déficit monstre, il a coupé dans les postes et ressources en santé et services sociaux au nom de l’équilibre budgétaire. Cette semaine, on revoit le déficit à la baisse et les cadeaux électoraux se pointent le nez. Or, le réseau souffre encore des coupures, du manque de ressources matérielles, humaines. Il faut à tout prix protéger notre réseau de santé et services sociaux en instaurant un bouclier budgétaire, soit une protection de financement en continu » indique Anne-Sophie Tremblay Girard, directrice à la mobilisation et action sociopolitique de l’APTS-Lanaudière

Le décompte est commencé… 

À l’approche des élections qui se tiendront à l’automne, les syndicats rappellent à la ministre que le temps est compté. 

Sans engagement rapide et concret de sa part, l’été qui s’amorce sera marqué par une intensification des actions syndicales dans les Laurentides et Lanaudière. 

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