Moi je prends mes pauses !

Dans le quotidien du personnel du secteur bureau-administratif, la charge de travail, les échéanciers serrés et les multiples responsabilités peuvent rapidement prendre toute la place. Pourtant, prendre ses pauses, c’est bien plus qu’un simple droit : c’est une nécessité pour préserver sa santé, sa sécurité et la qualité de son travail.

Cette page a été conçue pour vous outiller et vous soutenir face aux réalités que vous vivez. Que ce soit pour mieux comprendre l’importance des pauses, reconnaître les impacts de la surcharge de travail ou connaître les ressources disponibles, vous y trouverez des informations concrètes pour vous aider à agir.

Parce que votre travail est essentiel, votre bien-être l’est tout autant.

Pourquoi est-il important de prendre ses pauses ?

Dans le secteur administratif et de bureau, le travail est souvent marqué par une charge élevée : volumes importants, délais serrés, appels constants, courriels incessants et attentes de performance élevées. Même s’il est parfois perçu comme « moins physique », ce travail comporte de véritables risques pour la santé, surtout lorsque les pauses sont écourtées, reportées… ou tout simplement supprimées.

Un cercle vicieux de surcharge de travail

La surcharge de travail est un cercle vicieux. Lorsque les travailleuses et les travailleurs ne prennent pas leurs pauses ou sautent leur dîner pour « arriver », cela fausse la perception réelle de la charge de travail associée au poste. La direction peut alors croire que le volume de travail est compatible avec les heures prévues, alors qu’en réalité, il reflète une surcharge chronique et un manque d’effectifs.

Cette situation crée un effet pervers : lorsqu’une nouvelle personne entre en poste et prend les pauses auxquelles elle a droit, sa performance peut être perçue comme moindre, même si elle est entièrement conforme aux attentes, aux normes et aux conditions de travail établies. À long terme, cette fausse impression peut même servir à justifier des coupures de postes supplémentaires, aggravant encore la surcharge.

Les pauses protègent la santé physique et mentale; les facteurs de risques

Le travail prolongé devant un écran, souvent dans une posture statique, entraîne;

  • Fatigue visuelle,
  • Douleurs musculaires
  • Tensions au cou, au dos et aux épaules.

Sur le plan psychologique;

  • La pression constante,
  • La surcharge cognitive 
  • L’absence de véritables respirations augmentent le stress et les risques d’épuisement professionnel.

Les pauses permettent au corps et à l’esprit de récupérer, de diminuer la tension et de prévenir les blessures et les arrêts de travail.

Les pauses améliorent la qualité du travail

Travailler sans arrêt ne rend pas plus performant. Au contraire, les pauses favorisent la concentration, réduisent les erreurs et soutiennent une performance durable. Elles font partie intégrante d’une organisation du travail saine et réaliste.

Ne pas sacrifier ses conditions de travail

Il est primordial de ne pas sacrifier ses conditions de travail pour compenser le manque d’effectifs. Dénoncer une surcharge de travail n’est ni un aveu de faiblesse ni un signe d’incompétence. Au contraire, c’est un geste de bienveillance envers soi-même, envers sa santé et envers sa qualité de vie au travail.

Personne ne gagne si vous tombez malade

Lorsque la surcharge mène à un arrêt de travail, personne n’y gagne : ni la travailleuse ou le travailleur, ni les collègues, ni l’organisation. Prendre ses pauses, c’est se protéger individuellement, mais aussi contribuer collectivement à un milieu de travail plus juste, plus humain et plus durable.

Prendre ses pauses, c’est exercer un droit.
C’est refuser la normalisation de la surcharge.
Et c’est protéger sa santé, aujourd’hui et pour l’avenir.

Que faire en cas de surcharge de travail ?

Lorsqu’une surcharge de travail survient, il est essentiel d’agir de façon structurée afin de protéger ses droits, sa santé et ses conditions de travail.

1. Aviser son gestionnaire par courriel

La première étape consiste à informer votre gestionnaire par écrit de la surcharge de travail. Dans ce courriel, vous devez :

  • expliquer clairement la situation de surcharge;
  • décrire brièvement l’impact sur votre capacité à accomplir l’ensemble des tâches;
  • demander quelles tâches doivent être priorisées.

Même si vous connaissez bien votre poste, cette étape est cruciale. La responsabilité de prioriser le travail appartient au gestionnaire, pas à la travailleuse ou au travailleur. L’objectif est double :

  • vous protéger contre toute réprimande ou reproche futur;
  • permettre au gestionnaire de prendre conscience de la charge réelle de travail associée au poste.

L’écrit est fondamental : les écrits restent, les paroles s’envolent. Sans trace écrite, aucune démarche syndicale ne peut avancer.

2. En cas d’absence de réponse ou de réponse inadéquate

Si vous n’obtenez pas de réponse dans un délai raisonnable, ou si la réponse est insatisfaisante, par exemple : « toutes les tâches sont prioritaires », il est temps de passer à l’étape syndicale.

De plus, si votre gestionnaire vous répond verbalement, demandez-lui de confirmer sa réponse par courriel. Cela fait partie de votre droit à la protection.

3. Contacter votre syndicat

Faites parvenir :

  • le courriel envoyé à votre gestionnaire;
  • ainsi que la réponse reçue (le cas échéant),

à la ou au Vice-Président-e de catégorie 3 de votre secteur :

Une fois les documents reçus, votre VP3 vous contactera afin d’analyser la situation et de déterminer les prochaines étapes :
intervention en relations de travail, démarches auprès de l’employeur, dépôt de grief, etc.

 

Impacts négatifs de la surcharge de travail

Risque d’épuisement professionnel (burn-out)

La surcharge de travail prolongée expose directement les travailleuses et les travailleurs à un risque élevé d’épuisement professionnel, aussi appelé burn‑out. Elle résulte d’un stress chronique lié au travail et d’un déséquilibre constant entre les exigences du poste et les ressources disponibles. Il ne s’agit pas d’un problème individuel, mais bien d’un enjeu organisationnel qui touche particulièrement le secteur administratif et de bureau.

Symptômes émotionnels

Sur le plan émotionnel et psychologique, l’épuisement professionnel peut se manifester par:

  • Une fatigue mentale persistante, même après des périodes de repos,
  • Un sentiment de découragement ou de perte de sens,
  • Une diminution de la motivation,
  • De l’irritabilité ou des sautes d’humeur,
  • Une baisse de la concentration, de la mémoire et de la capacité à prendre des décisions,
  • Un détachement progressif face au travail.

Symptômes physiques

La surcharge de travail entraîne aussi des répercussions physiques importantes. Parmi les signes les plus fréquents, on retrouve:

  • Une fatigue chronique qui ne disparaît pas avec le sommeil,
  • Des troubles du sommeil, des maux de tête,
  • Des douleurs musculaires au cou, au dos et aux épaules,
  • Des tensions constantes,
  • Des troubles digestifs,

Le corps envoie des signaux clairs lorsque la surcharge devient excessive.

Signes comportementaux de l’épuisement professionnel

L’épuisement se traduit également par des changements de comportements observables. Il peut s’agir:

  • D’un retrait social,
  • D’un isolement au travail comme dans la vie personnelle,
  • D’une diminution de l’accomplissement personnel et du sentiment d’efficacité,
  • D’une perte d’intérêt pour le travail ou d’un désengagement progressif.
  • Une difficulté à poser des limites et acceptation de la surcharge comme une normalité, ce qui accentue encore le problème.

Impacts sur la rémunération

La surcharge de travail a des conséquences financières concrètes. Lorsqu’une personne ne prend pas ses pauses ou réduit son temps de dîner, elle travaille davantage d’heures que celles pour lesquelles elle est rémunérée, ce qui diminue son taux horaire réel.

Par exemple, un employé dont le salaire est de 26,24 $ de l’heure et qui ne prend pas ses pauses ou son temps de dîner voit son taux horaire réel chuter à environ 21,52 $ de l’heure. Il s’agit d’une baisse déguisée de salaire, qui ne se reflète pas sur la paie, mais qui est bien réelle.

Ce calcul ne tient même pas compte des personnes qui arrivent plus tôt, qui quittent plus tard ou qui effectuent du travail supplémentaire non reconnu. À long terme, cette situation entraîne du temps supplémentaire non payé, une perte financière cumulative et une normalisation du travail gratuit.

Effets sur le milieu de travail et sur le réseau de la santé et des services sociaux

Au‑delà des impacts individuels, la surcharge de travail affecte l’ensemble du milieu de travail. Elle contribue à normaliser un rythme de travail irréaliste et à fausser la perception de la charge réelle associée aux postes. Cette fausse perception peut mener à des décisions de coupures de postes et à des non‑remplacements, ce qui augmente encore la pression sur les équipes en place.

Dans le réseau de la santé et des services sociaux, cette dynamique fragilise les équipes, détériore le climat de travail et nuit à la qualité des services offerts à la population. La surcharge devient alors un problème systémique, dont les effets se répercutent à tous les niveaux.

L’importance de l’ergonomie de bureau

Prévenir les blessures et préserver la santé au travail

L’ergonomie de bureau joue un rôle essentiel dans la prévention des blessures et la protection de la santé physique et psychologique des travailleuses et travailleurs du secteur administratif et de bureau. Un poste de travail mal adapté, combiné à un travail prolongé devant un écran et à des postures statiques, augmente les risques de douleurs, de fatigue et de troubles musculosquelettiques.

Une ergonomie adéquate permet d’ajuster le poste de travail à la personne, et non l’inverse. Elle contribue à réduire la fatigue visuelle, les tensions au cou, au dos et aux épaules, ainsi que les douleurs aux poignets et aux bras. Elle favorise également une meilleure concentration, diminue l’inconfort au quotidien et aide à prévenir l’aggravation de problèmes de santé à long terme.

Dans un contexte de surcharge de travail, l’ergonomie devient encore plus importante. Un poste de travail mal adapté amplifie les effets de la charge élevée et augmente les risques d’épuisement, d’absentéisme et d’arrêts de travail. Investir dans l’ergonomie, c’est donc agir en prévention et soutenir la capacité des travailleuses et travailleurs à exercer leurs fonctions de façon sécuritaire et durable.

Ressources d’ergonomie offertes au CISSS des Laurentides

Le CISSS des Laurentides met à la disposition de son personnel plusieurs ressources en ergonomie afin de soutenir la santé et le bien‑être au travail.

Une section dédiée à l’ergonomie est accessible dans l’Espace employés. On y retrouve de l’information, des outils et des références pour améliorer l’aménagement du poste de travail, tant en présentiel qu’en télétravail, ainsi que des notions liées aux micropauses et aux bonnes postures. Lien

Le CISSS des Laurentides offre également une formation en ligne intitulée « Travail de bureau : ergonomie et bien‑être physique ». Cette formation d’une durée d’environ 35 minutes est accessible gratuitement sur l’Environnement numérique d’apprentissage (ENA). Elle aborde notamment l’ajustement du poste de travail, les postures, la santé oculaire et les saines habitudes à adopter au quotidien. Une attestation de participation est remise à la fin de la formation. Lien

L’ENA est accessible à partir du poste de travail ou à distance, en sélectionnant le CISSS des Laurentides comme établissement. Lien

Une responsabilité partagée

L’ergonomie du poste de travail n’est pas une responsabilité individuelle. Elle fait partie intégrante des obligations de l’employeur en matière de santé et de sécurité du travail. Les travailleuses et travailleurs ont le droit de travailler dans un environnement sécuritaire et adapté à leurs tâches.

Signaler un inconfort, demander un ajustement ergonomique ou suivre une formation en ergonomie n’est pas un caprice ni un luxe. C’est un geste de prévention essentiel qui contribue à réduire les blessures, à préserver la santé et à maintenir une qualité de vie au travail.

En cas de difficultés persistantes, de refus d’adaptation du poste ou de problèmes liés à la surcharge de travail, le syndicat demeure une ressource incontournable pour accompagner les membres et intervenir afin de protéger leurs droits et leurs conditions de travail.

Ressources prévention du suicide des Laurentides

Info‑Social 811 (option 2)
Service de consultation téléphonique offrant écoute, conseils psychosociaux, intervention de crise et références vers des ressources appropriées.

Contactez 1 866 APPELLE (277-3553)
Ligne de prévention du suicide : intervention, soutien, suivis, orientation et références pour les personnes à risque de suicide, leurs proches et les personnes endeuillées par suicide

Visitez le site suicide.ca
Service numérique en prévention du suicide pour les personnes à risque de suicide, leurs proches et les personnes endeuillées par suicide :

  • Clavardage 535353 ou échange de textos avec un(e) intervenant(e) : intervention, soutien, et références
  • Informations pratiques (ex. : parler du suicide, obtenir des services d’aide)
Ressources d’aide en cas de surcharges de travail

Ressources d’aide au CISSS des Laurentides en cas de surcharge de travail

Programme d’aide aux employés (PAE) – TELUS Santé

Les employés du CISSS des Laurentides ont accès à un Programme d’aide aux employés (PAE) confidentiel et gratuit, offert par TELUS Santé (anciennement Solutions Mieux‑Être LifeWorks). Ce programme vise à soutenir les travailleuses et travailleurs vivant du stress, une surcharge de travail ou un épuisement professionnel.

Le PAE offre notamment du soutien pour la gestion du stress, l’anxiété, l’épuisement professionnel et les difficultés personnelles ou professionnelles. Les services sont accessibles 24 heures sur 24, 7 jours sur 7, et peuvent être offerts par téléphone, en ligne ou en personne. Le recours au PAE est volontaire, confidentiel et sans frais pour l’employé et sa famille immédiate.

Accès au PAE – CISSS des Laurentides

Téléphone TELUS Santé (PAE) :
1‑855‑612‑2998

Plateforme TELUS Santé (via l’intranet ou l’application mobile) :

Le rôle du syndicat en cas de surcharge de travail

Lorsque la surcharge de travail est liée à l’organisation du travail, au manque d’effectifs ou à des exigences irréalistes, il est essentiel de communiquer avec son syndicat. Le syndicat peut accompagner les membres pour documenter la surcharge, intervenir auprès du gestionnaire, soutenir les démarches en relations de travail et, au besoin, entreprendre des recours formels afin de protéger la santé, la sécurité et les conditions de travail.